Chapitre XXIII : Maturation des religions (résumé) |
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Jusqu'à présent, l'homologie n'a concerné que des aventures, des événements majeurs, des états puissants, des personnages clés... Ici, l'homologie qui est proposée est un véritable défi car elle s'adresse à deux religions complètement différentes... Apparemment, ce qui fonde l'homologie est la religion, rien de plus... Le défi se heurte également à l'Histoire égéenne qui ne se perçoit qu'à travers les savoirs archéologiques.
Il est pour le moins malaisé de comparer une religion polythéiste avec une religion monothéiste ; le déséquilibre des points de comparaison est flagrant. De par leur fonction parfaitement identique qui consiste à relier l'homme au divin, les religions grecque et chrétienne assument des fonctions parfaitement identiques ; il convient alors de vérifier à partir de quels moments ces deux religions se stabilisent pour vérifier leur homologie selon les critères retenus dans la définition. Un indicateur appréciable du degré de maturité, c'est-à-dire de généralisation du culte dans les aires considérées, est fourni par les personnages symboliques : d'un côté le héros antique et, de l'autre, le saint qu'on implore.
La religion chrétienne arrive à maturité au cœur du monde médiéval ; on pourrait dire que les premières cathédrales gothiques matérialisent l'apogée du phénomène religieux par le triomphe de la lumière, par l'élan vers le haut, par la joie revenue en ce bas monde. Cela indique à l'évidence que la religion est devenue sûre d'elle-même. Ce mouvement irréversible est perceptible pour la première fois en 1140 avec la construction de l'Abbatiale Saint Denis, à Paris. D'autres événements qu'on verra plus loin illustrent de façon éclatante ce triomphe de la religion sur toutes choses ; retenons seulement la séance de Canossa en 1077 où l'empereur Henri IV doit s'humilier devant le pape Grégoire VII. Ce fait historique date parfaitement la primauté papale et la domination du spirituel sur le temporel. Pour la commodité des calculs je retiens 1150, soit le cœur de «mon » Moyen Age.
De quand date donc la maturation de la religion du monde grec antique ? La datation est délicate, voire difficile mais si le grand Hésiode peut établir sa « théogonie » vers -700, c'est que la maturation des dieux, de leurs parèdres et des relations qu'ils entretiennent entre eux, est une chose établie depuis suffisamment longtemps pour qu'ils puissent en parler sans problème ; la théogonie ne sera jamais remise en cause et ne souffrira d'aucun autodafé... Encore faut-il rappeler que les héros sont morts depuis longtemps et, quoique l'exercice mériterait de longues explications, les derniers d'entre eux sont morts avec la génération d'Ulysse : Ajax, Hector, Achille et autres, tous vers -1200... On peut dire que cette maturation de la religion antique est élaborée vers -1000. Le culte étant né probablement au début de l'ère mycénienne, au contact de la culture crétoise et minoenne au milieu du 2ème millénaire, les Grecs le développeront selon les modalités que nous connaissons.
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