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Chapitre XVII : Le Moyen Age (résumé)

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S'il y a une bouteille à encre, c'est bien celle des ou du Moyen Âge. La divergence des historiens est telle qu'ils sont à peine d'accord sur le nom de la période !

Pour débuter cette période, les uns voient l'année 410 avec la prise et le sac de Rome par les Germains ; ce traumatisme annonçant à leurs yeux les troubles à venir et donnant en quelque sorte la couleur des temps qui suivent. Mais beaucoup d'historiens voient plutôt l'année 476 qui marque la disparition du dernier des empereurs, ce fait suffirait à leurs yeux pour marquer le début du Moyen Âge. D'autres encore mettent le doigt sur le rôle majeur de la religion chrétienne durant le Moyen Âge et retiennent en conséquence les années voisines de 310 où la religion chrétienne s'impose dans l'empire romain ; l'empereur se convertit et la religion chrétienne devient alors la religion officielle de l'empire romain. On voit donc ici la fourchette chronologique qui varie entre 310 et 476...

Mais, comme tout le monde est de bonne foi, on ne fera que survoler la période de «l'antiquité tardive » car on ignore encore de quel côté il faut la faire basculer : du côté des Antiquités ou du côté Moyen Âge ? On peut ici avec cette notion d'Antiquité tardive obtenir une période médiévale qui ne commencerait qu'entre le VIIe et Xe  siècle... C'est selon.

Rassurons-nous, les historiens ne sont pas idiots, ils décrivent simplement des phénomènes différents les uns des autres. Il faut reconnaître que, faute d'un accord général sur le phénomène à observer, le problème de la naissance du M-A se répète avec sa disparition ! 

Ainsi, notre bon M-A peut disparaître en 1402 avec la première expédition coloniale aux îles Canaries si l'on retient comme critère majeur la dynamique conquérante de la Renaissance. Mais, si l'on  garde l'empire romain comme objet d'étude, on peut faire disparaître le M-A en 1453, date où s'efface le moignon qu'était devenu l'Empire Byzantin, ultime avatar de l'empire romain. Mais, on peut retenir 1492 et l'aventure de Colomb pour marquer la fin du Moyen-Âge... Enfin on peut également retenir l'année 1517 où explosera l'unicité du pouvoir chrétien ; cette date marquant également la terrible décision papale d'autoriser la Traite des Noirs...

Bref, selon le bout que vous prenez, vous obtenez une période médiévale qui mesure entre 6 et 12 siècles ! Évidemment, cela ne paraît pas très sérieux et, si l'on ne savait pas qu'il y a tant de savoir chez nos historiens, on rirait volontiers d'une histoire élastique à ce point. Franchement ? Et, pour finir le tableau, les historiens anglo-saxons réfutent le terme Moyen Âge qui leur paraît trop ambigu ! Ils préfèrent l'expression « âges obscurs », cette expression insiste sur l'aspect négatif de la période considérée : durant cette période on assiste d'abord au recul général des connaissances. Cela présente l'immense mérite d'être clair mais trop pointu pour durer plus de 1000 ans... Ils sont donc partisans du saucissonnage d'un corps trop long pour entrer tout entier dans le même champ d'étude.

Que se passe-t-il  du point de vue homologique ?

Grosso modo, le cœur de notre M-Â étant aux alentours de l'an 1000, on devrait trouver le cœur de la période correspondante aux alentours de l'an 1000 moins la période de 2150 ans... La localisation d'un hypothétique cœur antique serait donc voisine des années -c.1150, date autour de laquelle on devrait pouvoir repérer « un Moyen Âge Antique »... Madame Claude Mossé, spécialiste reconnue de l'Antiquité Grecque, n'hésite pas à parler de Moyen Âge grec pour désigner la période qui entoure l'an -1000... L'homologie tranche en faveur de la vision de Mme Mossé.