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Chapitre VIII : Napoléon et Alexandre (résumé)

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Le chapitre VIII met en homologie deux empereurs qui ont traversé le ciel de l'Histoire tels des météores. Il s'agit bien entendu de Napoléon et d'Alexandre le Grand dont les vies et les aventures se déroulent à environ 2130 ans d'intervalle.

Jean Tulard, l'un des plus meilleurs spécialistes de la période napoléonienne, déclare dans son article présentant Napoléon Ier dans l'Encyclopaedia Universalis : « Ainsi Napoléon invente-t-il la propagande moderne, chère aux régimes totalitaires. De son vivant, il a voulu s'imposer comme l'héritier d'Alexandre et de César, comme le fondateur de la IVe dynastie » (partie de citation soulignée par mes soins). Il ajoute un peu plus loin que « cent pamphlétaires offrent de l'Empereur une image peu favorable. Alexandre et César cèdent la place dans les comparaisons à Gengis Khan et Attila ». Si la comparaison sonne juste sous la plume de cet historien, c'est qu'elle se développe dans le champ de l'homologie même quand cet auteur élargit son analogie...

L'homologie entre Napoléon et Alexandre le Grand est d'une grande évidence : tout est mouvement, hégémonie, conquête, en parfaite communion avec la pensée moderne de l'époque; l'un est orienté vers les encyclopédistes quand l'autre l'est vers Aristote et la supériorité intellectuelle; tous deux sont de brillants stratèges et des fossoyeurs d'empires.

L'un se perdra dans le rêve des sables brûlants de Gédrosie tandis que l'autre verra son étoile disparaître dans les glaces de l'hiver russe.

Avant de revoir quelques détails de leur vie, voyons ici certains repères homologiques qui signalent la "parenté" de ces deux géants de l'histoire occidentale.

  • Ils se situent à environ 2125 ans l'un de l'autre.
  • Ils sont encore jeunes quand ils maîtrisent ou perdent le pouvoir.
  • On peut aisément dire des deux hommes qu'ils sont des « marqueurs » de temps pour les historiens... L'un marque le début de la période hellénistique  quant à l'autre, il sert à lancer l'époque moderne.
  • Ils sont empereurs et maîtres en l'art de la guerre.
  •  Ils sont monarques, monarques militaires.
  • L'un se ressource en se tournant vers Charlemagne, l'autre se ressource dans l'Iliade, tous deux regardent vers leur haut Moyen âge. Ils sont probablement habités par des rêves fantastiques.
  • Ils remodèlent le monde dont ils sont issus.
  •  Ils sont « modernes ».
  • Ils soignent leur image et sont habiles propagandistes.
  • Ils sont précoces et possèdent des tempéraments dignes de Plutarque.
  • Ils sont adulés par les uns et vitupérés par les autres.
  • Au final, leur destin chante la « même ligne mélodique »

Il est curieux de constater le peu d'historiens qui aient relevé cette profonde analogie entre Napoléon et Alexandre. Pour son sacre, Napoléon n'a-t-il pas lui-même signalé un retour vers Charlemagne... Il était trop fin politique pour choisir un exemple guerrier en modèle ; Alexandre le Grand l'aurait desservi ; en prenant pour exemple Charlemagne, il voulait surtout montrer que l'intermède capétien était achevé.

Dans le cadre de cette étude qui porte sur plusieurs millénaires, l'homologie des deux époques impériales est particulièrement puissante comme on le verra.

NB : Cette étude développe l'idée que la Macédoine et la France sont homologues. Cela est vrai pour les deux périodes postérieures au passage d'Alexandre le Grand et de Napoléon. C'est que les empereurs ont changé leur monde, il est donc naturel d'en constater les effets en homologie : antérieurement aux empereurs, on verra que la France et Athènes sont homologues, comme Sparte et l'Angleterre le sont.